Accompagnement de périodes de “dépression”

A travers l’acupression, médecine chinoise et autres outils de passage…

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Accompagnement de périodes de “dépression”

par

Formation en Acupression & Bases de Qigong Tuina
Promotion 2019

Introduction

J’ai choisi pour ce travail, de porter mon attention sur l’accompagnement de 2 personnes qui j’ai suivi en période de

« dépression », sur des période de 4 mois environ.

Je n’ai pas beaucoup essayé de me documenter sur le sujet en matière de Médecine Chinoise (mais en ayant tout de même certaines bases), pour ne pas trop être influencée par des théories, souhaitant me laisser cheminer selon là où j’en étais de mon apprentissage (au début nous commencions à peine l’étude du diagnostique, des pouls etc…), de mes compréhensions, avec mes erreurs, mes doutes, mes détours, mes intuitions…

Ce que j’ai voulu mettre en écriture est d’avantage un rapport sur mon cheminement personnel, et bien sûr celui de la personne accompagnée…, et la recherche d’un parallèle avec le vocabulaire de la médecine chinoise au regard de ce que j’observe dans ce processus…

1.  SONIA :

Sonia a 60 ans, je la reçois la première fois en février. Elle vient sur le conseil de sa psychologue que j’ai reçu en consultations l’année d’avant. Visiblement elle ne connaît pas mon travail mais je lui explique, sa demande est « que je l’aide à la libérer de sa relation toxique avec sa mère », et «devenir enfin en capacité de ressentir la vie en elle », qu’elle sent « morte ».

Dans sa vie Sonia a toujours évolué dans un fond de dépression, ce qui se traduisait chez elle par une fatigue permanente, un manque de volonté, de motivation, des pleurs, une grande fragilité émotionnelle, un mental très encombré par des pensées négatives… Il y avait des périodes plus ou moins sombres, mais toujours un fond « vide » et en souffrance psychique.

Depuis cet hiver elle dit avoir replongé dans un état dont elle n’arrive pas à sortir.

Elle travaille 3-4h par semaine dans une boulangerie, et s’occupe de sa mère âgée. La vie de sa mère a apparemment basculée à la mort de sa propre mère (la grand-mère de Sonia), et elle ne s’en serait jamais remise, plongeant dans des émotions sombres, et un grand enfermement sur elle-même. Le problème de Sonia étant qu’elle s’identifie totalement au fonctionnement de sa mère, et elle est obsédée à l’idée que sa propre vie pourrait basculer dans une plus grande souffrance lorsque sa mère s’en ira. Elle ne supporte pas non plus toute l’énergie de souffrance et le mode de pensée «négatif» que sa mère manifeste au quotidien.

Sonia fusionne avec la vie émotionnelle de sa mère, et vit dans la projections de sa perte. Elle vit déconnectée de la réalité et de son corps.

A la première séance, ce qui apparaît est :

  • une grande tristesse : vide de Qi du poumon

-Je la sent plutôt de type métal ou feu (dans sa façon d’être ouverte et aimante). Elle est fine, pas très grande, la peau blanche, les cheveux gris et frisés.

  • un vide important de l’énergie du Rein, de yang général: grosse fatigue, pas de volonté d’action, ostéoporose, terrain frileuse, selles humides..
  • pas de moteur d’action : vide de yang de la VB
  • Feu du cœur: très émotive, sensation de plénitude et de blocage à la poitrine (sur le moment j’hésite entre un vide de yang du cœur étant donné l’état général, et une stase de Qi du Foie), bout de la langue bien rouge.

..Le matin au réveil elle a des angoisses et pleure, elle appréhende mal la longue journée vide se présentant…elle a peur d’être seule, et préfère les soirées où la nuit se rapprochant, elle pourra

« disparaître dans le sommeil ».

  • Elle ressent une douleur, comme un pic à l’estomac qui lui remonte jusque dans la gorge (sans acidité) : je n’identifie pas encore clairement la chose, pour le moment je l’attribue plutôt à une stase de Qi du Foie.
  • Et parfois, mais de façon occasionnelle : vertiges liés à la fatigue, et maux de tête au front.

Je travaille les points suivants : 1C, 7C, 9 Rte, 36E, 3Rn, 1Rn, 15V, 18V, 23V.

Conseils :

  • son médecin lui a dit de manger beaucoup de yaourts de chèvre contre son ostéoporose… : je lui explique que cela peut générer un trop plein d’humidité, la Rate étant déjà en faiblesse, et lui parle un peu de ses fonctions sur le plan physique et émotionnel.
  • Je lui propose de faire chaque jour via une petite vidéo youtube, une méditation de « scan corporel » afin de réapprendre à écouter son corps, à sentir. Il s’agit juste de poser son attention sur chaque partie du corps, mais apprendre également a se positionner en tant que simple observateur de ce qui est perçu sans que l’attention ne donne d’importance et ne se perde dans les commentaires et jugements que le mental pourrait manifester.

Mais pour le moment, juste « sentir ». De même, je l’invite à s’ouvrir à ses sens dans toute situation : écouter le soleil effleurer sa peau, les sons de la nature en forêt, le vent la traverser, accueillir les odeurs…détecter le silence qui soutient la vie.

C’est une façon d’apprendre à revenir au présent, donc à ancrer, faire redescendre les énergies, à se poser dans les Reins, mais aussi à nourrir le cœur de beauté simple et précieuse, ce qu ‘offre la vie en permanence, reconnaître en nous ce cadeau que d’être vivant.

Nous décidons de nous voir à 15 jours d’intervalle.

Les 2 séances suivantes:

Ces séances seront axées sur la dispersion du feu du cœur, du qi du foie et la tonification du Rein.

Elle a gagné en énergie à la 2ème séance. Je la trouve moins fragile. Elle arrive un peu mieux a se mettre en action, mais ressent un « vide », exprime encore cette difficulté à « sentir la vie et l’apprécier ».

Elle a essayé de pratiquer mes propositions, mais ce n’est pas facile, elle ne sent pas vraiment son corps.

Nous passons un moment à discuter sur la notion de mental, de soi par rapport au mental, les conditionnements pouvant créer une fausse perception de notre « identité » et les obstructions que cela engendre…Elle est très réceptive.

A la 3ème séance l’énergie physique est bien meilleure, elle est plus stable émotionnellement, mais elle manifeste encore cette sensation de blocage dans sa capacité à jouir de la vie. Elle ressent moins de plénitude à la poitrine. Elle m’informe qu’elle ressent depuis de nombreuses année une sorte de brûlure au niveau du palais… Je pense à l’expression d’un feu du cœur permanent..

En fin de séance elle est reposée et relaxée. Séance 4 :

Elle arrive avec une bonne dynamique. Ouverte et très déterminée. Elle est plus forte et plus présente. Elle a continué à pratiquer les conseils proposés, plus ou moins difficilement. Elle a

« pris une décision » ferme en elle : « vivre au présent et tout faire pour moins se laisser entraîner par son mental. »

Il y a toujours cette sensation d’étau au niveau de la poitrine, même si plus faible, et elle exprime cela comme étant un écho à son empêchement à vivre, elle dit que cette sensation se manifeste surtout lorsqu’elle sent un élan de vie en elle, et cela a comme l’effet d’un sabotage de son élan… Pour moi son mécanisme est assez flou, mais le sens qu’elle y met lui appartient. Je sens que ce point, lié à cette sensation, est central chez elle, et qu’elle a besoin de s’en débarrasser pour sentir qu’elle avance.

J’ai l’idée à ce moment là de lui faire faire un travail différent, à travers une technique que je ne pratique plus depuis des années car elle ne correspond plus à ma vision personnelle, même si je la trouve très belle…

C’est une technique appelée « Guérison des blessures

intérieures », créée par Daniel Maurin. C’est une façon de travailler sur les mémoires corporelles.

……….

Le patient exprime le sujet de sa blessure (émotionnelle), et il est invité (après un temps de connexion au corps) à localiser cette blessure dans son corps précisément…là où ça raisonne… La blessure prend alors la forme d’une sensation, forme, image, texture, très concrète. Le patient est alors invité à contacter ses propres forces de guérison, son « thérapeute intérieur », afin d’entreprendre le processus de transformation de cet objet- souffrance…Il utilise pour cela le langage de son inconscient, tout ce qui lui vient intuitivement à l’esprit. Cela prend parfois la forme d’un voyage intérieur, onirique, tout un cheminement pour transmuter l’objet douloureux : le reconnaître, l’accepter, puis vouloir s’en séparer, le détruire, le combler, cicatriser, mettre un baume, de la lumière, de la douceur…Mais toujours dans un contact avec le corps, la sensation corporelle, qui évolue au fil du processus.

Le praticien est là pour accompagner, recentrer, canaliser, vérifier que la personne ne parte pas trop loin…

C’est un beau voyage vers nos propres forces de guérison, cette capacité d’éveiller en nous et pour nous cette aspect de notre être, lumineux, aimant, bienveillant, cette sagesse maternelle archétypale qui sait ce qui est bon et nécessaire pour nous, et qui n’agit que par amour.

Le travail peut être mené soit à partir d’une sensation corporelle déjà existante, soit à partir d’un besoin, une blessure émotionnelle, qui va se raconter quelque part dans le corps.

………

Je commence la séance par une écoute du crâne (le bas du crâne, zone de l’occiput mais sans pour autant porter mon attention sur les 20 VB), pour apaiser l’esprit et le poser… : ça coule beaucoup, ça fond, et à ce moment là elle ressent très bien les énergies, pourtant subtiles, lâcher.

Puis je la guide sur un scan corporel pour l’ancrer dans son corps et ses sensations.

Nous travaillons sur la sensation d’étau à la poitrine et elle rentre vraiment très bien et en toute honnêteté dans le processus. C’est très agréable de l’accompagner. La sensation disparaît. Puis elle

« rempli » son espace vide à la poitrine et dit se sentir plus forte. Je termine par le 1 Rn pour l’ancrage et nous terminons la séance sans trop parler..

Séance suivante :

Elle n’a plus ressenti cet étau sur toute la poitrine, et cette question ne l’a pas préoccupé. Il reste au centre un point présent (vers le 17 RM). Elle exprime un besoin de travailler sur la relation à sa mère, dont elle voudrait se libérer.

Elle s’est fait licenciée de son petit travail mais cela ne la dérange pas.

Elle indique de légers vertiges et transpirations la nuit: vide de yin du rein ou du cœur. Et toujours ces sensations de l’estomac à la gorge, et au palais.

Elle ne ressent plus de fatigue, mais sa langue est pâle. Bout de la langue bien moins rouge.

Selles encore un peu humides, mais je m’occupe moins de la rate en général que je considère moins importante dans le travail, étant selon moi une conséquence du vide de yang général.

Pouls tendu, faible en racines et plus fort aux pouces.

Je propose une nouvelle séances de GBI. Travail d’acupression au préalable :

7C, 13 V et 42V (préparation au travail sur la relation à sa mère), 15 V, 18V, 20V, 23V.

Séance de GBI focalisé sur la relation avec sa mère : nous abordons l’espace du nombril (cordon ombilical), le corps entier (comme une seconde peau, combinaison de plongée sou-marine) et le crâne (l’intérieur, les pensées parasites de sa mère qu’elle s’approprie, un énorme nœud à dénouer).

Elle est épuisée suite au travail. 1 Rn pour terminer.

Le pouls est plus calme aux pouces en fin de séance.

Séance suivante :

Pouls moins fort à gauche au Rn, tendu et sensation qu’il est irrégulier. Langue un peu rouge ?, enduit normal. Je ne trouve plus le bout rouge.

Suite à la dernière séance elle a ressenti des petits maux de tête pendant quelques jours, puis cela est passé. Elle a ressenti des picotements sur le devant de la cuisse (méridien estomac), et à la poitrine, puis cela est passé après quelques jours aussi.

…Maintenant son écoute corporelle est bien plus fine !

La sensation de pointe, de blocage à la poitrine est partie. Elle a pris beaucoup de distance dans la relation avec sa mère, elle ne s’en préoccupe plus et va moins chez elle.

Elle se sent beaucoup plus vivante et ancrée, sent mieux son corps (la position de ses pieds au sol, ses jambes..), et pratique le scan corporel chaque matin. Elle est bien moins emportée par son mental.

Le matin au réveil, s’il y a encore un petit fond d’angoisse, celui-ci est beaucoup plus lointain et gérable, elle ne pleure plus et tout passe après 30 min.

Elle n’a plus la crainte de comment remplir sa journée qui risque d’être solitaire. Elle se sent bien en journée, chez elle.

Lorsqu’elle sent en elle un « élan », « un appel à la vie », cela provoque des petites palpitations : elle sent son cœur battre, mais pas vite. C’est comme une sorte d’excitation.

Elle n’a plus de sensations particulières à la poitrine ni à l’estomac ou à la gorge.

Par contre elle sent une sécheresse dans la trachée et toujours cette petite brûlure au palais. Je pense ici à la manifestation d’un vide de Yin général sur lequel je n’ai pas vraiment porté beaucoup d’attention depuis le départ…

Le besoin qu’elle exprime : Fortifier, consolider..

Points : 8C (beaucoup de sensations pour moi à droite), 7C, 4 RM (vide mais pas froid),

10Rn : dès que je touche ma gorge se resserre fortement, puis cela relâche lorsque je lâche le point. Je le perçoit comme un écho de sa sécheresse à la gorge…

36E, 6 Rte,

3 RN et 1 Rn longtemps : il sort beaucoup de chaleur.

Je lui propose de faire à la maison 1Rn et 3 Rn, se masser les pieds, et de continuer à travailler sur la sensation de ses pieds au sol, de son bassin…, et de faire une respiration dans les reins.

Nous espaçons les prochaines séances à 3 semaines, en restant très vigilantes.

Séance suivante :

Elle n’a plus d’angoisse au réveil, mais plutôt une sorte de désir de faire, de vivre, d’être en action. Elle manifeste que cela est comme une excitation qui la perturbe car l’empêche d’être plus posée.

…je pense encore une fois à un signe de chaleur vide…

Elle dort bien, n’a plus de sécheresse à la gorge et la sensation au palais à nettement diminuée…

La langue est « normale », pas trop rouge, enduit fin.

Le pouls est régulier, mais pas rapide, un peu plus faible en racine à droite.

Elle se sent apaisée en général et dit « savourer » la vie , se sent elle-même. A vrai dire, elle exprime ces dernières séances qu’elle n’avait pas vraiment connu de stabilité émotionnelle ni de plaisir à vivre, à se laisser être, dans le passé. Elle se sent toute neuve. Mais reste très vigilante quand à son état et craint un peu le changement. Elle pense toujours au possible départ de sa mère mais sent en elle qu’elle aura les ressources pour ne pas que cela bouscule totalement sa vie et ne l’enferme comme cela a été le cas pour sa mère.

Elle fait des marches en nature, revoit des amies et a repris beaucoup d’appétit (a pris du poids), fait les points proposés. Nous sommes d’accord pour dire qu’il n’y a plus de syndrome de dépression chez elle.

Je continue à tonifier 6 RM, 36E, nourrir le Yin 6Rn et 4 RM, équilibrer le coeur 7C, circulation générale 3F.

Séance suivante :

Principalement, c’est la chaleur vide qui est encore présente. La sensation au palais est un peu plus présente ces jours-ci : Elle ne ressent pas d’agitation physique, ni dans les pensées, mais exprime un besoin de « faire », comme une précipitation, « profiter au plus vite du temps perdu». Cela peut lui causer des problèmes d’endormissement.

Elle est malgré tout stable émotionnellement, assez insouciante. Présence de stase de Qi du Foie qui joue sur les selles (petites crottes sèches) et le diaphragme (besoin d’inspirer pleinement), agacement… Le pouls est fin, tendu, pour moi semble irrégulier. Langue peut être trop rouge (mais pas au bout) et peu d’enduit, ou enduit normal.. ? Ce n’est pas assez clair.

Points travaillés : 20VB, 23RM, 13F, 7C , manœuvre de respiration sur la cage thoracique, 4 RM, 3Rn.

En fin de séance le pouls me semble plus régulier, elle respire et se sent posée.

Nous discutons sur les notions de «faire» et d’ «être»…son besoin de « faire » qui la perturbe, étant l’héritage d’un conditionnement familial, alors que le désir qu’elle exprime depuis notre rencontre est d’avantage de l’ordre du désir d’être, et être pleinement…elle est invitée à observer ces 2 aspects afin de reconnaître leur identité et là où son cœur la guide, pour dessiner une perspective qui soit la sienne, l’expression de la liberté et de la légèreté qu’elle est, plus véritablement…

…………………………………….

Sonia souhaite faire une pause car elle a atteint son objectif et se sent stable. Je suis très heureuse d’avoir travaillé avec elle. Sa détermination, son authenticité, honnêteté, et sa confiance, ont été un gros moteur.

Je n’ai pas fait trop usage des outils de diagnostique sur les premières séances : pouls et langue (ceux-ci étant trop frais). Les prises de pouls manquent parfois d’évidence pour moi, je ne suis pas assez claire avec le pouls tendu, le sien était surtout fin.

Je crois aujourd’hui que le vide de yin, voir de sang (pertes de cheveux et peau sèche), qui ne m’est pas vraiment apparu au début est assez important chez elle, mériterait d’être bien mieux abordé. Je me dit qu’il pourrait faire place a des manifestations plus importantes (feu du cœur) et de nouveau une difficulté à s’incarner… Nous en parlons ensemble, mais verrons cela plus tard…en attendant je lui propose de continuer à travailler sur le 3Rn et 4RM.

Je pense aussi à un possible vide d’essence, qui m’apparaît plus comme une sensation intuitive face à elle, mais qui aurait son sens étant donné la vie émotionnelle qu’elle a mené pendant longtemps.

Je n’ai pas la sensation que la stase de Qi du foie était une racine à sa dépression…pour moi les symptômes portaient d’avantage sur la relation entre Rein et Cœur, le vide de Qi et yang du Rein ne permettant plus de stabiliser le shen du cœur correctement, engendrant un vide de yin et yang général, et des montées de feu du cœur, le cœur ne pouvant être accueilli par le rein …Mais c’est à discuter…

J’ai choisi de pratiquer avec elle la GBI qui pourtant ne fait plus parti de mon mode de pensée, car il m’a semblé très intéressant pour elle qu’elle soit confrontée à une mise en action face à ses blocages mentaux: l’empêchement à vivre et la fusion avec sa mère. En faisant elle même l’effort de se débarrasser de ce qui l’encombre, elle se fortifie, se découvre et se révèle plus indépendante, ce qui la transforme tout à fait…

En ce qui concerne le choix des points, il était très «basique », j’aurais pu utiliser aussi le 8 RM, 6 et 8 MC..

2.  EUGENIA :

Eugénia a 36 ans. Elle vient de sa propre initiative, un peu craintive, elle n’a jamais entrepris de travail sur elle auparavant, ni psychocorporel.

En 2012 elle s’est retrouvée dans une situation professionnelle très difficile, générant un énorme stress, victime de harcèlement, et générant une grande fatigue.. Puis elle a du quitter le travail et s’est retrouvée au chômage, dans un sentiment de solitude, coupée des relations sociales.

1 an après elle a commencé à manifester des crises d’angoisses en voiture qui l’ont empêché de conduire. Ces crises se sont élargies à toute situation dans lesquelles elle pouvait se trouver

« enfermée » et sans contrôle : les transports en commun, la foule, ascenseur…

Les crises se manifestent par un resserrement au plexus, puis à la gorge, des palpitations, des tremblements, l’impression de devenir folle, que toutes les émotions se mélangent, et de perdre le contrôle de tout.

Depuis cette période elle manifeste une dépression avec un repli sur elle-même, une grosse fatigue, des pleurs et un abattement, manque de confiance, manque de désir, et crises d’angoisses dans les situations indiquées.

Maintenant elle travaille dans une bibliothèque et les conditions lui sont problématiques, cela ne lui convient pas du tout.

A notre première rencontre, fin mars :

Elle est émotive, une voix faible, son besoin étant de l’aider à sortir de cette angoisse et grosse fatigue permanente.

Son pouls est assez fort, peut être un peu large, vide aux reins.

La langue est pâle et fissurée dans la zone du poumon (vide de yin du poumon), avec les traces des dents.

Elle est fatigué toute la journée, n’arrive pas à s’endormir malgré la fatigue, sent son cœur battre fort au coucher. Elle se réveille à 3h du matin et ne dort plus.

Palpitations et sensation de gros vide en soirée.

Oppression de la poitrine, difficulté à respirer, et très souvent des grosses migraines niveau méridien VB à droite.

Je détecte par tout cela un vide de yang général, une stase de Qi du foie avec montées de yang, vide de rate créant des mucosités (leucorrhées blanches et selles molles, traces des dents sur la langue), vide de sang ou yin du cœur ou du rein.

Le travail est le suivant:

Manœuvres aux poumons de Chi Nei Tsang (un peu comme en Qi Gong Tuina), bref travail du ventre car je le sent sous pression et en manque de mouvement (stase de qi). L’espace sous le Xiphoïde rougit beaucoup par le travail, « portes des vents » qui fait relâcher la pression interne, elle ressent des picotements dans les reins pendant et après..

Puis : 7C, 15V, 18V, 23V.

La respiration est dégagée, elle se sent apaisée, flottante, toute molle. Le pouls semble moins fort.

Je lui conseille de travailler à la maison sur 7C et 3Rn, se frotter les reins, bain de pieds dans de l’eau chaude le soir, d’essayer de marcher en nature…

Nous nous reverront qu’à 3 semaines d’intervalles à cause de son travail.

Retour sur la 1ère séance par mail quelques jours après : le lendemain de la première séance, elle s’est retrouvé à conduire en voiture et les sensations habituelles ont commencé à se manifester: contraction dans la poitrine, boule au ventre et nœud à la gorge, respiration coupée. Elle n’arrive pas à pleurer.

Toutefois elle dit que cela n’est pas allé jusqu’à la grosse crise habituelle. Elle a quand même rebroussé chemin, découragée. L’idée de reprendre le travail après les congés lui est très désagréable mais l’angoisse moins que d’habitude. Elle a fait beaucoup de rêves et très confus.

En dehors de l’événement, sa respiration est restée dégagée. Toujours insomnies et difficulté à s’endormir malgré la fatigue, avec les yeux qui brûlent.

Elle fait les pratiques proposées, en ayant des doutes sur sa capacité à ressentir, gros manque de confiance en elle et se juge négativement, mais contente de la première séance et motivée pour continuer.

Séance 2 :

A présent elle fait 3 bonnes nuits par semaines. La respiration est restée fluide jusqu’à ces derniers jours.

Grosse fatigue et stress avec le travail, dérangée par le bruit…énervée et facilement irritée.

Parfois des pleurs de découragement mais sent qu’elle gère mieux les situations d’angoisse : elle fait le 7C dans le train et arrive à se relaxer.

Elle n’a plus eu aucune migraine.

Selle humides, traces des dents…je lui conseille de remplacer le fromage blanc-kiwi du matin par du gruaux. Elle a des compulsions de sucré.

Elle m’indique avoir une pointe douloureuse aux trapèzes depuis longtemps.

Pouls assez fort, faible aux reins.

J’y voit encore la stase de qi du foie, avec répercutions sur la rate en vide, et vide de reins.

3F, 20 & 21 VB : le dernier étant douloureux mais relâche beaucoup à droite.

1 Poumon : retrouve une poitrine dégagée, respiration pleine et fluide

8C en dispersion profonde, douloureux à gauche 6MC : beaucoup de sensation à gauche pour moi 6RM : elle sent des dispersions dans le bas ventre 4RM, 6Rte, 15V, 17&19V, 23V …c’est beaucoup !

Elle se sent très relâchée en fin de séance (elle a une belle faculté à se relaxer tout de même), je la trouve dans l’ensemble moins émotive, plus ouverte et souriante.

A faire au besoin : 7C, 3Rn, 3F, écoute corporelle pour se relaxer…

Séance 3 :

Elle rentre de congés où l’énergie était meilleure, la fatigue reprend avec le travail.

Elle indique sur le plan émotionnel d’avantage de découragement et de tristesse que de colère.

Elle s’endort plus facilement, peu de réveils nocturnes, elle peut sentir son cœur battre à l’endormissement mais sans dérangement.

Langue pâle et traces d’humidité, pouls tendu, faible en racine.

….Nous faisons le lien entre ces situations d’angoisse, où elle se sent prisonnière et impuissante…et un certain climat familial dans l’enfance…

1P : elle a envie de pleurer sur la fin

13F : sensation de dispersion dans le ventre pour elle. 34VB : elle ressent des picotements dans les pieds

3F : envie de pleurer à la fin mais sans y arriver.

1Rn : légères palpitations au cœur sur la fin, non désagréables. J’aurais aimé passer plus de temps encore sur chaque point, j’en ai pourtant fait peu mais sentais qu’il fallait rester…

Elle se sent très détendue en fin de séance.

Grosse discussion sur son présent, les mécanismes mentaux, comment les conditionnements se mettent en place…invitation à se repositionner vis à vis des multiples expressions du mental…

Eugénia commence à prendre d’avantage conscience de ses mécanismes au quotidien, d’avantage d’espace s’ouvre à elle dans les possibilité d’être et d’agir face à ce qui se présente à elle.

Proposition : travailler à la maison ,quand elle le sent, le son du poumon en chi nei tsang : Ssss, en massant le 1P, et libérant toute tristesse qui a besoin de s’exprimer. Masser le 3F, contacter le 1Rn.

Retour par mail sur la séance 3 environ 2 semaines après:

Après la dernière séance elle s’est réveillé le matin vers 5h avec un mal-être…cela durant environ 4 jours, puis les nuits ont été pleines.

Endormissement et nuits sans difficulté depuis.

Diverses émotions présentes : craintes sur son travail, elle n’arrive toujours pas à pleurer.

Difficulté à exprimer ce qu’elle ressent envers ses amis.

Pour autant elle est moins impulsive là où auparavant elle se serait mise en colère.

(…Donc stase de Qi du Foie moindre, mais persistante…) Elle n’a plus de palpitations. Les selles sont moins humides.

Elle n’a plus aucune angoisse dans le train, et n’a plus besoin de faire le 7C pour se rassurer.

Mais l’angoisse persiste lorsqu’elle doit conduire sur des trajets inconnus.

Séance 4 :

Depuis une semaine se sent très bien, la fatigue est bien partie. Elle a de l’énergie, pas d’émotions particulières, se sent calme et la respiration est ouverte.

Le pouls est moins fort que d’habitude, mais je dirais encore tendu…est-ce par les mucosité ?. Encore les traces de dents sur la langue, l’enduit est blanc.

Elle a eu un entretient professionnel durant la semaine, et a pu s’exprimer tranquillement.

…Je me questionne beaucoup sur ce qui s’exprime lorsqu’elle conduit. Pour moi ce n’est pas juste une angoisse, mais d’avantage une sorte de traumatisme sans cause rationnelle ?, un mécanisme inconscient à répétition, dont la racine est encore floue.

A présent les reins sont d’avantage tonifiés, mais il y a une problématique générale autour du Foie chez elle.

Est-ce que cette situation de climat de violence qu’elle a connu dans le sein familial, (puis au travail comme un écho à ce à quoi elle devait faire face pour évoluer….), comme prisonnière d’une situation qu’elle ne peut maîtriser…qui, oui, peut générer une colère, une impuissance…se manifeste sous la forme d’un

blocage…expression du Foie qui bloquerait tous les autres organes ?: le cœur par les palpitations, les reins par la peur, l’estomac par cette sensation de nœud, la gorge qui se noue (foie ou toute autre branche interne de méridien qui passe par là)… Donc il y a un vrai blocage, une relation au Foie (et cela a commencé tout d’un coup) …mais il est dit que les traumatismes touchent d’avantage le cœur en médecine chinoise…et mon bon sens me dirigerait d’avantage vers les Reins : la peur « fige »,

« pétrifie » .

Donc pour moi aussi tout se mélange, la racine est confuse. Quoi qu’il en soit, je souhaite continuer à travailler sur le Foie aujourd’hui,, même si aujourd’hui tout va bien, pour aller plus loin.

1P. 13F : gargouillis et sensation de chaleur dans les reins pour elle.

3F longtemps : ça lâche par couches pour moi…pour elle se fait une connexion avec le cœur.

15V longtemps. Douloureux en surface.

Fin de séance, elle se sent sur un nuage, calme.

Séance 5 :

Nous sommes en pleine période de canicule. Il fait une chaleur qui lui est insupportable à son travail et la communication ne passe pas, rien ne peut être fait pour améliorer cela.

Elle arrive avec une montée de yang du foie, irritable, en colère. Des maux de tête sont revenus, mais rien à voir avec les migraines qu’elle a connu dans le passé.

Elle a eu besoin de se s’exprimer lors d’une réunion de travail, et avant que cela ne se fasse elle a beaucoup ruminé. Elle réalise d’avantage cette problématique d’expression en elle.

Malgré cela, elle n’a plus de problèmes de sommeil, les yeux ne brûlent plus, son énergie et sa respiration restent bonnes.

Elle m’indique que la douleur persistante qu’elle ressentais au trapèze a tout à fait disparu suite à la séance où je m’en suis occupé ; nous n’étions pas revenu dessus.

Elle vit d’avantage au jour le jour sans crainte de son avenir professionnel, ce qui est un grand changement face à ses

inquiétudes perpétuelles dans le passé, et son émotionnel est stable en dehors de cette situation de travail délicate.

Elle ne connaît l’angoisse que dans la conduite en voiture, la foule, l’ascenseur et les transports en commun ne l’affectent plus. Elle revoit des amies, à besoin de sorties etc..

La langue est aujourd’hui plus rouge, traces des dents, il y a 2 boutons à la pointe. Le pouls est rapide, je dirais glissant aussi ?

20DM : ça relâche par couches, elle sent beaucoup de picotements dans le crâne, et comme un fluide qui agit, encore longtemps après.

3F, longtemps : je ressens une légère nausée qui s’exprime à l’estomac et à la gorge, et j’ai besoin de « souffler » pour expulser le qi, comme cela m’arrive souvent en CNT.

13F : gargouillis. Le ventre est tendu mais relâche avec. Je sens que l’énergie se disperse surtout vers la côte gauche…peut-être vers la rate..

15V, longtemps.

Elle se sent bien mieux et plus calme en fin de séance, l’énergie est redescendue et elle conscientise à quel point on peut entrer dans des « bulles émotionnelles » qui rendent notre perception du réel très étroite et limitante.

Elle exprime qu’au fur et à mesure des séances, de façon subtile, c’est comme si elle se dépoussiérait de nombreuses négativités. Elle se sent maintenant moins impulsive et plus réfléchie dans les situations qui se présentent, car son esprit est plus clair, elle a la faculté de se poser et de « voir les choses ».

Nous sommes d’accord pour dire qu’il n’y a plus vraiment de dépression.

Mais des manifestations persistantes au niveau du Foie, problématique centrale. Et à mon sens cela doit aussi évoluer avec sa contribution, ses remises en question, sa conscience, son mouvement intérieur.

En ce qui concerne son travail, elle comprends qu’elle ne peut changer ce qui est, mais qu’elle a le choix dans sa façon de fonctionner avec. Elle n’a plus envie de le vivre de façon négative

et dans le combat, elle comprends qu’elle doit chercher en elle la façon de fonctionner qu’elle aimerait voir se révéler en elle…

Il y a parfois un mouvement intérieur à opérer, qui part du désir, d’une certaine projection de soi…mais pour que ce désir se révèle à nos yeux et trace notre chemin intérieur, il faut suffisamment d’énergie. Là est le premier travail du praticien: aider le cœur à reprendre son élan instinctif d’amour de la vie, en lui redonnant de la clarté (un Shen plus équilibré, apte à s’aligner avec les circonstances de la vie d’une façon plus simple), permettre à la VB d’élancer le pas, au Rein de parcourir le voyage.

La situation d’angoisse en voiture 1 an après son arrêt de travail s’était comme propagée à d’autres situations « étouffantes » et engendrait tout un tas d’humeurs…mais maintenant, seule la conduite en voiture dans une zone inconnue ou turbulente, reste problématique. C’est comme si nous revenions au noyau.

Eugénia n’essaie plus de conduire, elle évite la situation…Je lui fait remarquer que parfois l’angoisse peut être d’avantage une appréhension « par habitude » que ce qui se manifeste réellement lors de la situation se présentant…

Je lui propose un petit travail de visualisation à sa maison avant le coucher lorsqu’elle le désirera : essayer de « voir » cette situation de conduite, et toutes les sensations se manifestant…, tout en restant observatrice, traverser, et laisser émerger les forces endormies qui lui seraient nécessaires au dépassement de la situation… juste pour voir où cela la mène… ; elle est assez stable pour essayer chez elle sans que cela ne la perturbe.

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Je choisis d’arrêter ici le rapport sur ces séances, car nous n’allons pas pouvoir nous revoir aussi vite que prévu, et je ne souhaite pas rendre ce document trop tard… Peut être que les autres séances feront l’objet d’une suite de rapport plus tard pour voir l’évolution de la problématique de la conduite en voiture…

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3.  EN CONCLUSION :

LES CAUSES :

Je dirais qu’en ce qui concerne le syndrome de « dépression », j’attribuerais la cause première chez Sonia et Eugénia au vide de Yang du Rein, générant le Feu du cœur.. Mais Reins, Cœur et Foie sont présents dans tous les cas.

  • Chez Sonia la problématique autour du Rein et du Cœur était plus présente…,
  • Chez Eugénia, il me semble que le côté « dépressif » : forte émotivité, manque de confiance, angoisse au réveil, grosse fatigue, manque d’envie etc. ont pu changer en redonnant suffisamment d’énergie au Rein. A la base, il y a 2 ans, il est probable que l’énergie du Foie ai pu épuiser celle du Rein (stress a répétition), situation d’enfermement etc…mais les dimensions du Foie qui ont été vues durant les séances ne sont pas celles à mon sens qui ont entretenu le climat de dépression actuel…
  • Je fais la comparaison avec une patiente que j’ai suivi en CNT il y a un ou 2 ans, et pour qui c’est véritablement le travail sur la libération de la stase de Qi du Foie (avec l’aide du 1 RN) qui a permis une rapide sortie d’une dépression de plus d’un an, en 2 séances. Chez Eugénia il en est autrement.
  • Je mentionne également un patient que je n’ai pu voir qu’une seule fois pour le moment, le travail est reporté à plus tard pour des questions de disponibilité: Homme d’une cinquantaine d’années dans un état de dépression très important, très grand

épuisement et désespoir, sous médications, séjours en HP, nombreuses douleurs corporelles, diarrhées chroniques liquides et de nombreuses fois par jour depuis 7 semaines, yeux qui brûlent depuis 2 ans et acouphènes (sons liés au Foie), gouttes après la miction, sinus bouchés… et vide de Yin et sang évident (forte agitation, parle vite)… :

Pouls superficiel (yang flottant) fin et rapide (vide de Yin), rien aux Reins. Langue rouge et sèche avec enduit blanc et gras ou épais ? au fond.

Cet homme indique qu’un épuisement sportif ainsi que de nombreuses contrariétés (mais aussi un passif très délicat, plusieurs crises « maniaques » et angoisses ) l’auraient fait plonger dans cet état difficile. Ici il s’agirait uniquement de tonifier le Yin et Yang Rein étant donné la profondeur du vide, bien que la montée de yang du Foie soit assez présente (également irritation, agacement..).

…Il me semble que si la personne a un tempérament un peu

« bois », le fils pille assez facilement l’énergie de sa mère si celle-ci est déjà bien fatiguée…

LES RESSOURCES :

Il m’est apparu tout de suite que Sonia et Eugénia avaient l’ouverture d’esprit et la disposition du cœur pour dépasser leurs problématiques, ce qui n’est pas toujours le cas. Le Shen était présent, ce qui est essentiel, le corps avait besoin d’être accompagné.

Cette présence du Shen profond est fondamental..Car parfois les circonstances de la vie peuvent ne pas être suffisamment sous- tenantes. Et cela invite à creuser en soi pour laisser émerger ce pilier qui dépasse toute manifestation..Cette intelligence « qui sait » que derrière ce qui se manifeste existe une vie bien plus vaste et riche et belle que celle que notre brouillard mental nous raconte. C’est cela « le grand moteur » : lorsque Ming Men est habité par le Feu Empereur.

PROCESSUS :

Avec Eugénia, ce noyau autour de la conduite me semble long à extraire avec ma petite expérience actuelle en MTC…Peut être qu’un thérapeute plus expérimenté aurait permis un aboutissement plus rapide…

…Et en même temps c’est un processus pour la personne aussi, tout comme la traversée et la sortie de la dépression…le temps est parfois ce dont nous avons besoin, il permet la maturation, l’intégration, l’ancrage, et il est propre à chacun.

…Peut être que ce temps là ne dépend ni du thérapeute, ni du patient, mais d’un mouvement plus profond et plus vaste, qui régit les énergies en fonction de paramètres qui nous échappent.

Je pense que nous ne maîtrisons rien profondément, (sous les apparences de pouvoir). Nous sommes le mouvement même de la vie, qui ne pense pas…et s’exprime d’une façon bien plus réelle, sage et subtile, que notre bon-vouloir…

Ce qui est nécessaire à notre évolution nous est donné en temps venu, avec les outils, que l’on y donne un sens ou pas, que l’on comprenne ou pas…, peu importe.

La vie est un phénomène d’expansion vers le cœur de ce que nous sommes et qui est au fond ce que l’on désire le plus, …souvent sans le savoir…, et c’est cela l’amour.

Sur un plan superficiel, corps et esprit interagissent…mais sur un plan plus profond, à mon sens, la libre circulation des énergies n’est entravée que par le mental (dans sa dimension la plus vaste). Car la vie ne crée aucun blocage, elle est elle-même libre circulation, infiniment !

Ainsi, en se repositionnant plus véritablement au cœur de nous même, tout ce qui s’est construit, par l’action du mental, se déconstruit, tout naturellement, sans son concours, mais pour autant sans passivité ! : Ce qui doit s’exprimer s’exprime, éclater éclate, se taire, reste silencieux.

Le discernement, la clarté d’esprit, sont nécessaires pour mettre les phénomènes de l’esprit en lumière et les repositionner pour ce qu’ils sont (souvent des conditionnements, des réactions par

habitude, qui ne peuvent nous définir réellement mais qui malheureusement créent l’illusion de notre réalité et de notre identité, prenant toute la place…).

…Tout cela peut être observé à travers la méditation d’ailleurs: un blocage, une tension, est mise naturellement en mouvement, par le simple fait d’être observée (ou pas), par un esprit silencieux permettant à la vie de faire son job tranquillement et à son rythme. Une sensation, une pensée, peut être vécue comme un enfer, ou n’être plus rien. Et pourtant rien n’a changé, si ce n’est le positionnement de celui qui ressent et qui observe.

« En transformant notre façon de percevoir les choses, nous transformons la qualité de notre vie », Matthieu Ricard.

…Si seulement nous habitions un esprit suffisamment vaste pour ne pas entraver la libre circulation des énergies, un cœur suffisamment plein et silencieux pour laisser émerger le Shen véritable, nous souffririons moins…

Accepter cela, c’est aussi remettre la position du thérapeute à sa

« juste » place, dans un espace de « médiateur » au service des mouvements de la vie, plutôt que celle d’un « faiseur » ou d’un

«guérisseur»…car qu’est-ce que la « guérison », si ce n’est véritablement le passage sans retour de l’illusion au réel…?

“Que chaque homme vienne savoir que son vrai Cœur Est la lumière de ce monde.

Il doit s’efforcer d’empêcher son esprit de le cacher.

Quand il réussira, sa terre deviendra le paradis.” Mooji.

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