L’adolescent face au stress : et si la médecine chinoise était une solution ?

Qigong, méditation et auto-massage au Lycée

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L’adolescent face au stress : et si la médecine chinoise était une solution ?

par

Acupression (MTC) à Distance
Promotion 2021

Présentation

Cet article nous emmène dans une expérimentation passionnante auprès des jeunes : comment des outils de la médecine chinoise comme le Qigong, la Méditation et les auto-massages peuvent aider des adolescents au quotidien. Comment offrir aux adolescents les meilleures conditions pour favoriser leur réussite scolaire, mais aussi leur bien-être et leur épanouissement personnel ? Comment les aider à comprendre le stress et à en tirer parti ?
Comment transmettre à ces jeunes des outils pour apprendre à gérer ces émotions qui parfois les submergent, ce stress qui souvent les handicape, cette anxiété qui vient saper leurs capacités ?

Introduction

“Sème une pensée
Tu récoltes une action
Sème une action
Tu récoltes une habitude
Sème une habitude
Tu récoltes un caractère
Sème un caractère
Tu récoltes un destin”

Swami Sivananda

Ce mémoire de fin de première année est parti d’un constat : je suis enseignante en lycée, je transmets des connaissances académiques à mes élèves, là est ma mission première. Mais quid de leur bien-être? Tous les jours, la question du bonheur d’aller au lycée se pose. Je vois des élèves en souffrance psychologique à qui l’institution n’offre pas de prise en charge satisfaisante à mes yeux. Comment offrir aux adolescents les meilleures conditions pour favoriser leur réussite scolaire et leur épanouissement personnel?

Comment les aider à comprendre le stress et à en tirer partie?

Comment transmettre à ces jeunes des outils pour apprendre à gérer ces émotions qui parfois les submergent, ce stress qui souvent les handicape, cette anxiété qui vient saper leurs capacités?

La médecine traditionnelle chinoise offre quelques réponses.

Ainsi est né le Projet Papillon au Lycée Léonard de Vinci de Montaigu-Vendée.

La naissance : du constat à la mise en place du Centre Papillon

L’adolescence est une période difficile, bouleversante, souvent source de questionnements, de remises en question, d’une prise de distance avec ses parents notamment, de conflits intérieurs et extérieurs qui peuvent engendrer parfois des difficultés à communiquer ainsi qu’un sentiment de solitude. Ce que les adolescents se racontent dans leur tête est souvent plus générateur de stress que la situation réelle et objective.

Ils vivent à la fois un bouleversement psychique et corporel, d’où leur grande fragilité et l’insé- curité dans laquelle ils se sentent. Ils peuvent se sentir seuls, incompris et ne pas savoir comment identifier ou exprimer leurs émotions. Peuvent alors se manifester de la fatigue, de l’angoisse, du stress, un manque de confiance en soi, de la tristesse ou bien encore de la colère. Ajoutons à cela les exigences démesurées qu’ils s’imposent trop souvent.

Un lycée est un lieu très stressant, Yang à l’excès. Il peut ainsi vite devenir angoissant pour les plus sensibles. L’idée d’un lieu (Yin) de ressources dédiées à la gestion des émotions n’est pas anodine. Au Centre Papillon, les élèves s’inscrivent, en principe de leur propre chef (ou parfois de manière lourdement suggérée par un professeur, un conseiller principal d’éducation ou par l’infirmière) et viennent assister à des séances encadrées. Des professeurs volontaires leur offrent, très humblement, tout un panel de solutions pour gérer les émotions et se détendre. J’ai choisi de leur faire découvrir le Qigong et l’acupression.

De la chrysalide au papillon : l’expérimentation au lycée

Le Qigong

  1. Le Qi, c’est l’énergie, le Souffle. Gong, c’est notre aptitude à mettre en oeuvre des processus internes de maîtrise du Qi dans la perspective de vivre longtemps et en bonne santé. Cette discipline chinoise a pour but de maîtriser l’énergie, c’est une Mais bien au delà de ça, c’est un art de vivre.
  2. Le Qigong ne sollicite pas que la respiration mais bien le corps tout La pratique vise en effet à la construction d’un corps sain que l’on va tonifier, étirer et équilibrer en harmonie avec la respiration. Il se pratique aussi bien assis que debout, il com- prend des postures statiques, des enchainements de mouvements rapides, des exercices respiratoires, des techniques de relaxation et également des auto-massages. Les apprentissages sont riches et variés. C’est donc toute l’année scolaire que nous proposons aux élèves des séances hebdomadaires. Ils se retrouvent en petit groupe pour se consacrer à cette pratique de pleine conscience de manière fluide, calme et tranquille. L’espace dédié devient pour eux un environnement rassurant qui tranche parfois avec l’atmosphère trépidante de l’extérieur.
  3. Les élèves découvrent la respiration de pleine conscience, l’ici et maintenant. Ils apprennent à gonfler le ventre à l’inspiration, puis à le rentrer à l’expiration. Pour la plupart, ce n’est pas un mouvement Aussi jeunes soient-ils, ils ont déjà oublié cette respiration si propre au nourrisson dans son berceau. Il faut leur ré-apprendre et répéter l’exercice inlassablement pour que ce mouvement redevienne naturel. Il existe en effet deux types de respiration : thoracique et abdominale. C’est la deuxième qui nous intéresse en Qi gong.
  1. Ils mémorisent des mouvements qu’ils répètent tous ensemble, créant ainsi une harmonie collective très puissante.
  2. Ils découvrent le Yin et le Yang ainsi que divers aspects de Médecine Traditionnelle Chinoise (le Qigong étant l’une de ses branches, difficile de ne pas parler d’acupuncture, de diététique, de pharmacopée et de massage Tuina). Ils se frottent aux cinq éléments associés aux émotions. La colère est associée au bois, la joie au feu, la pensée excessive à la terre, le chagrin au métal, la peur à l’eau. Emotions qu’ils ressentent au quotidien, sans pouvoir forcément mettre les mots dessus. Les subissant la plupart du temps, les élèves deviennent acteurs, en les appréhendant et en les ac- cueillant. On sait que les émotions sont une expression physique de l’énergie, du Qi, et qu’elles ont un lien étroit avec le contenu de la pensée. La tradition chinoise l’appelle Yi Dao, “Là où l’attention se porte va le Qi”. Si je ressens une profonde tristesse, je viens bloquer l’énergie du Poumon. Idem pour la peur qui vient déséquilibrer celle du Rein. Le Qigong me semble être l’outil idéal pour débloquer ce Qi, pour aider les adolescents qui stressent, angoissent, paniquent parfois face aux attentes de l’institution et de leurs parents.

Mouvements et postures pratiqués avec les élèves

  1. La boule d’énergie

Nous commençons la découverte du Qigong par un travail sur le ressenti de l’énergie. On frotte les mains l’une contre l’autre et on est à l’écoute des sensations au creux des mains, chaleur, picotements, engourdissement, lourdeur. Les sensations sont uniques. Cette découverte en émerveille plus d’un ! L’occasion est ainsi donnée de parler de Lao Gong, le huitième point du méridien du Maître Coeur, véritable porte d’échange de l’énergie avec l’extérieur. Il est indispensable de faire ressentir ce point dès l’initiation car l’attention se concentre sur lui dans nombre d’exercices de Qigong.

Quelle belle mise en condition pour eux ! Cela devient vite un réflexe : se frotter les mains, laisser venir l’énergie, et venir ensuite poser les paumes sur les yeux, la nuque ou les reins. Après ce moment de pause, on replace les mains l’une contre l’autre, les coudes légèrement pliés, comme si on tenait un gros ballon devant la poitrine. A l’expiration, on rapproche légèrement les deux mains comme si le ballon se dégonflait en concentrant l’énergie de cette boule de Qi. On garde les épaules basses, les yeux fermés et on se concentre sur le point Lao Gong au creux de la main. A l’inspiration, les bras s’écartent de nouveau, comme pour absorber le Qi. On pratique cette exercice, tel un soufflet, une douzaine de fois. Je propose également aux élèves de faire la boule d’énergie la plus grosse possible pour entrer dedans et se confectionner ainsi un cocon de protection : à la clé, pour les plus angoissés, un retour en cours en toute sécurité !

  1. La posture mains sur 4RM et la posture de l’arbre, Zhan Zhuang (adaptée). Grâce à cette posture, les élèves apprennent à ressentir l’énergie située dans le Dan Tian inférieur, sous le Ici se concentre le Qi inné, le réservoir de notre énergie vitale, le centre de la vie instinctive et intuitive dont dépendent toutes nos fonctions physiologiques et psychologiques. Il est indispensable de le ressentir pour méditer et pratiquer le Qigong. On peut ainsi renforcer son énergie et assurer les fonctions essentielles du corps. On le travaille en ressenti ou en visualisation.

On peut aborder avec les élèves les 3 Dan Tian. Ils sont souvent très demandeurs. A nous alors de leur faire découvrir cet enseignement taoïste sur les trois plans ou trois foyers :

  • le plan de la Terre ou foyer inférieur : mentionné plus haut, il est en lien avec les organes Rein et Foie.
  • le plan de l’Homme ou foyer moyen : localisé au niveau de la poitrine, il est relié aux organes Rate et Estomac.
  • le plan du Ciel ou foyer supérieur : au niveau du front, il correspond au troisième Travailler sur ce centre permet de clarifier le mental.

Nous apprenons également ici la posture de base du Qigong. Les pieds parallèles, de la largeur des épaules, les genoux légèrement fléchis. On relâche les hanches, le bassin est en rétroversion, on relâche le bas du dos, la poitrine est rentrée, le dos bien droit (mais détendu), les épaules sont abaissées, le menton recule vers la poitrine.

Harmoniser Terre / Ciel

Les élèves apprennent à prendre l’énergie de la Terre en montant les bras sur le côté du corps puis, en tournant les paumes vers le Ciel, prendre son énergie et la faire glisser sur le devant du corps. On répète ce mouvement 3 fois au minimum. Cette pratique est idéale en début de séance quand les élèves arrivent bien imprégnés du rythme effréné de leur journée.

La grue féérique plie son cou

Dans un premier temps, on allonge le cou pour pointer le menton vers le haut et vers l’avant. Puis dans un second temps, on inverse le sens du mouvement. Cette pratique soulage les cervicales qui sont souvent mises à rude épreuve chez les adolescents souvent les yeux rivés sur les écrans. Dans le même esprit, onduler la colonne cervicale vers l’arrière puis vers l’avant, 18 fois, rapidement mais sans forcer. C’est le Coq d’Or qui picore le riz. On regarde Ciel et Terre, en conscience. Après cette phase volontaire, on laisse le mouvement se faire naturellement, en changeant l’amplitude, et donc la hauteur de pivot : on passe de C7 à C1.

Les 8 pièces du Brocart

Nous proposons aux élèves, après quelques séances d’initiation, d’apprendre le premier des huit Trésors, baduanjin. Il aide à dénouer les épaules, la tailles, les hanches pour faciliter la circulation du Qi. C’est un mouvement très agréable d’ouverture qui les soulagent de leur posture assise et voutée sur le bureau. On travaille ici les mouvements de base du Qigong, fluides, amples, circulaires. Les membres se meuvent au ralenti, souples et détendus comme des lianes. Les doigts déliés suivent et dessinent le geste comme des plumes caressant l’air. Il ne faut ja- mais hésiter à recourir à des images comme celles-ci pour expliquer aux élèves. L’imitation est importante mais les mots sont nécessaires pour le ressenti.

L’envol du faucon

On aborde plus précisément encore, grâce à ce mouvement, la dynamique Yin-Yang. “La puissance est dissimulée dans des mouvements doux comme une aiguille cachée dans du coton” nous dit Yang Luchan, grand maître d’arts martiaux. Les élèves découvrent les limites de la force, de l’effort et touchent du doigt les bienfaits du lâcher-prise, du relâchement. Souplesse et tonicité. Aisance et fermeté.

Yin-Yang est ce système dynamique qui nous permet d’être alternativement plusieurs choses différentes. Les séances Papillon s’organisent dans une alternance de mouvements doux et de postures toniques, de rythmes lents et de rythmes rapides, de douceur et de fermeté, de détente et de vigilance, d’effort juste et de lâcher-prise, de mouvements et de pauses, de parole et de silence, de concentration et de rire. Tout cela dans une recherche d’équilibre et d’harmonie.

On propose donc deux versions pour l’envol du faucon : la version Yin, pour les aider à se calmer, se dé-stresser ou bien se préparer à un Qigong. Les bras s’ouvrent sur le côté du corps, comme des ailes qui se déploient et on vient les refermer devant la poitrine en concentrant l’énergie dans le Dan Tian inférieur.

La version Yang, à l’inverse, pour se donner de l’énergie, conseillée avant de partir pour le lycée ou bien en tout début d’après-midi après la pause-repas. On démarre en position fermée, les mains devant la poitrine, le corps légèrement replié, on inspire et on monte les bras vers le ciel puis on les ouvre comme si on déployait des ailes et on redescend les bras sur le côté en expirant. Il faut veiller à être toujours bien relâché.

Qigong sérénité en musique

Pourquoi pratiquer le Qigong en musique? On dit qu’il est préférable de pratiquer en silence (sans musique) pour favoriser l’attention et éviter le relâchement et la distraction. C’est sans doute l’idéal. Mais je trouve que la musique apporte une aide précieuse dans la pratique, en tout cas chez les jeunes. La musique nous fait vivre l’expérience dans une ambiance particulière. Le corps et ses mouvements viennent s’harmoniser avec les sons, les nuances, les vibrations des notes. Le retour des élèves est très positif quant à son utilisation, certains sont même très perturbés par le silence qui les met mal à l’aise.

La méditation

Le Qigong assis

Les élèves prennent la position assise la mieux adaptée à leur degré de souplesse, soit en tailleur au sol, en demi-lotus avec un pied replié sur la cuisse opposée ou tout simplement sur une chaise.

Le premier exercice consiste à dessiner avec la main ouverte, paume tournée vers la cuisse, un cercle devant soi, de l’extérieur vers l’intérieur. On repose la main droite sur le genou et on fait de même avec la main gauche. Les élèves veillent à garder un geste fluide, régulier, souple, léger. Puis on dessine les cercles avec les deux mains en même temps, comme un huit couché, le signe de l’infini. On amplifie ou on diminue le geste à notre guise. Il faut respirer naturellement et garder les épaules bien relâchées On peut alterner main droite et main gauche, en ramenant toujours bien la main au centre, au niveau du Dan Tian inférieur, paumes tournées vers l’intérieur. Il faut imaginer brasser l’air environnant pour conduire toute l’énergie vers le nombril.

L’oiseau qui s’envole est un exercice très simple et très apprécié des jeunes initiés. On écarte les bras de chaque côté, on les lève simultanément à l’inspiration, paumes des mains relâchées et pendantes vers le sol jusqu’au niveau des épaules. A l’expiration, on abaisse les bras, coudes légèrement fléchis, paumes des mains ouvertes vers le sol comme si on appuyait sur deux gros ballons de chaque côté. On pratique au rythme de la respiration, une douzaine de fois.

La marche respiratoire

La marche (consciente) respiratoire est intéressante à bien des égards. Les adolescents ont besoin de mouvement. Méditer immobile est une vraie gageure pour nombre d’entre eux. Nous leur proposons donc la dé-marche suivante : à l’inspiration, un pied se soulève, à l’expiration, le pied se pose. Même chose avec l’autre pied. Plus la respiration est lente, plus on marche lentement. Les élèves sont amenés à marcher de plus en plus lentement, ils calment ainsi le rythme cardiaque sans en prendre véritablement conscience.

La pleine conscience

La Mindfulness est aussi riche d’enseignement. Je ne la développerai pas ici, car pas en lien direct avec l’objet de ce mémoire, mais elle fait partie des techniques proposées aux élèves à Papillon.

Les auto-massages : vers une prise de conscience du corps

Les bienfaits des auto-massages sont multiples (nous abordons ici les questions de stress, d’angoisse, de céphalées et de problèmes de sommeil). Faciles, ils nous invitent à faire une pause, à prendre le temps, à être à l’écoute de notre corps. Ils peuvent être intégrés à une routine quotidienne et soulager nombre de maux. Pour nos élèves, nous nous concentrons sur trois parties du corps : la tête, les mains et les pieds. Nous les aidons à repérer des points d’acupression symptomatiques et à les masser au mieux (d’une pression assez forte, ils sont souvent sensibles, rien d’anormal à cela).

La tête

Les élèves se plaignent souvent de maux de tête qu’ils ont du mal à soulager sans avoir systématiquement recours à des antalgiques. Néfastes à la longue, ces médicaments ne font qu’occulter le symptôme. Il est bon d’amener nos jeunes à s’interroger : pourquoi ai-je mal à la tête? Est-ce que je me sens fatigué(e)? Est-ce que j’ai mal aux yeux? Aux cervicales? A quel moment de la journée est-ce que mes maux de tête se déclenchent? Où se situent-ils? Sur le front? Sur les tempes? Sur le haut du crâne? En casque? On leur apprend ici à être acteurs de leur santé.

En cas de céphalée temporale, on peut proposer un massage de Taiyang, point hors-méridien situé sur les tempes, entre les extrémités externes du sourcil et de l’oeil. On applique une pression circulaire avec le majeur, l’index ou les deux.

Si la céphalée est frontale, on masse plutôt Yintang, Palais de l’esprit, point situé entre les extrémités internes des deux sourcils.

On peut aussi leur faire découvrir Bai Hui, le point des 100 rencontres, au sommet de la tête. Nous leur conseillons alors de placer les pouces derrière les oreilles et de masser le haut du crâne avec tous les doigts. Pratique ô combien relaxante !

L’Etang du vent, 20 VB, est également un très bon point à masser en cas de céphalée. A cause de la mauvaise posture adoptée à sa table, devant un écran, dos vouté, tête penchée en avant, la nuque est trop sollicitée, se tend et devient douloureuse. Les élèves apprennent à masser ces points situés sous

l’os occipital et ressentent rapidement un profond soulagement.

Un autre point situé sur le haut du corps est le 22RM, la cheminée céleste, dans la fossette au- dessus du sternum. En cas d’angoisse, de sensation de boule dans la gorge, on peut le stimuler par petites pressions avec le bout de l’index.

Enfin, en cas de difficulté à dormir (mal de plus en plus fréquent chez nos adolescents qui , notamment, passent trop de temps sur les écrans), on leur suggère un massage d’AnMian, point situé derrière l’os mastoïde derrière l’oreille. Ou même un massage de toute cette zone. Détente garantie !

Les mains

Au delà de son utilité pour lutter contre le mal des transports, le point 6 du méridien du Maître Coeur, ou Nei Guan, est très efficace en cas d’anxiété. Il est situé à deux largeurs de pouce du pli du poignet, entre les deux tendons. On propose aux élèves de tenir l’avant-bras avec l’autre main et de le travailler avec le pouce. Une pression (très) légère est suffisante pendant une trentaine de seconde. On peut même n’effectuer aucune pression mais il est très important de détendre complètement les épaules et d’être bien relâché(e).

On peut même l’associer au 5TR (situé dans son alignement sur l’externe de l’avant-bras) pour favoriser l’endormissement.

Le 7ème point du méridien du Coeur, ou la Porte de la Sérénité, Shen Men. Situé sur le pli du poignet dans un creux à l’interne du pisiforme. Masser des deux côtés, quelques minutes suffisent. Ce point est très pratique et on le conseille en cas de stress avant un devoir sur table ou avant un oral en classe.

Les élèves peuvent le masser en toute discrétion sous la table.

Le point 4GI, Hegu, point très utile en cas de maux de tête (toutes sortes de douleurs en fait) et d’anxiété. C’est un point qui peut être très sensible. Situé entre l’index et le pouce, on utilise l’index et le pouce de la main opposée pour former un pince. On applique une pression assez ferme et on masse pendant 2 à 3 minutes de chaque côté. On peut proposer aux élèves d’utiliser une huile essentielle pour amplifier les bienfaits, de la lavande vraie par exemple.

8MC ou Lao Gong. Il se situe au centre de la main, à la pointe du majeur quand on replie les doigts. Les élèves connaissent bien ce point grâce au Qigong (nous l’avons évoqué plus haut). Ils découvrent qu’on peut également le stimuler pour calmer le Coeur, débloquer des émotions envahissantes. On leur propose aussi de frotter les mains l’une contre l’autre, de chauffer ce point, puis de poser les mains sur la nuque ou sur les yeux pour un effet relaxant et apaisant.

Les pieds : 1Rn (Yong Quan)

Le premier point du méridien du Rein, également appelé Yong Quan ou Source Jaillissante, est le point le plus bas du corps puisqu’il est situé sur la plante du pied, dans la dépression qui se forme quand on plie les orteils. Nous le conseillons aux élèves en cas de difficulté d’endormissement car il apaise le Shen (l’esprit). Il soulage également efficacement les maux de tête. On peut le stimuler avec des pressions du pouce, des rotations ou bien en exécutant de fortes pressions avec le talon de la main.

Quand le papillon s’envole…

Les Difficultés

La difficulté principale dans ce type de projet est le manque de moyens octroyés. Les contraintes horaires du lycée sont nombreuses, les emplois du temps des élèves et des professeurs sont chargés et pas toujours compatibles. Quand on trouve enfin des créneaux, on peut se heurter aux demandes excessives de certains élèves, très Ils peuvent, si on ne les met pas en garde, tomber dans le piège de la tendance occidentale à vouloir tout expliquer et à en vouloir toujours plus. Difficile parfois de se contenter un seul mouvement de Qi Gong même si c’est amplement suffisant pour obtenir les effets escomptés. Parlez leur des 8 pièces du Brocart, ils voudront toutes les apprendre et les maîtriser en trois séances !

Les 10 bienfaits

  1. La curiosité des élèves est éveillée. Ils prennent conscience de l’ici et maintenant
  2. Grâce à la pratique collective, l’énergie circule dans le groupe et crée une atmosphère très
  3. Le Qigong devient leur moment de détente, la pause indispensable de la journée.
  4. On les aide à acquérir un mode de vie. N’oublions jamais le dicton : “N’attends pas d’avoir soif pour creuser un puits”. Les adolescents sont en pleine mutation, leur personnalité se Il est de la mission de l’enseignant (quelque soit sa matière) d’y participer. Chaque élève, en fonction de ses propres potentialités, de sa sensibilité, de ses aspirations, trouvera son style dans le Qigong.
  5. Les élèves acquièrent une meilleure concentration, notamment grâce à la qualité d’attention que l’on porte aux
  6. En étant présent ici et maintenant dans son corps, on affine sa proprioception, on intègre mieux son schéma
  7. On se concentre sur les séquences qui s’enchaînent donc la mémoire (visuelle et kinesthésique) est renforcée.
  8. Les élèves s’exercent où et quand ils le souhaitent et deviennent ainsi, au fil des semaines, de plus en plus autonomes dans leur
  9. Ils se surprennent à être de plus en plus patients : on aborde la notion de projet, on fait l’éloge de la Tout l’inverse des attentes de premier de la classe.
  10. Leurs capacités respiratoires s’améliorent. Aspect non négligeable quand on réalise à quel point la respiration est utile pendant le passage des oraux. Une bonne ventilation favorise en effet une meilleure oxygénation des cellules. Les idées sont plus claires. A contrario, le stress rend les pensées “floues” et la parole peu claire. La respiration posée améliore aussi le sommeil, aide à poser sa voix et à garder son self-control.

Conclusion

Conclure ce mémoire nous invite à apporter quelques perspectives pour l’avenir, et notamment l’avenir du projet Papillon. Continuer à aider les adolescents à mettre des mots sur leurs maux, sur ces émotions qui peuvent les paralyser sans en connaître les codes. Colère, tristesse, angoisse, rumination, joie excessive, le Qigong leur offre des clés pour les décoder et les apprivoiser.

Pratiquer le Qigong, c’est apprendre à s’installer dans l’instant présent en unissant corps et esprit mais c’est aussi découvrir et s’approprier une autre façon de penser et d’appréhender le monde. Cette pratique, nous l’avons vu, est adaptée à tous et toutes : des jeunes aux plus anciens, des personnes malades aux sportifs de haut niveaux, des actifs aux retraités. Nos élèves nous disent souvent d’ailleurs partager nos pratiques avec leurs parents.

C’est une expérience intérieure qui se réalise en conscience. On est dans l’instant présent, on observe, on accepte. Chacun travaille par rapport à lui-même. Ce qui annule toute approche compétitive avec les autres puisque chacun est unique avec une histoire unique dans un corps unique avec un projet de vie unique.

Les possibilités d’évolution sont riches. Il y a foison de mouvements de Qigong très adaptés à ce type de public. Nous n’avons pas encore testé avec eux le jeu des cinq animaux qui nous amène à imiter les mouvements de cinq animaux sauvages pour endurcir notre corps. Mais ce sera chose faite lors de prochaines séances.

En Chine, tous les matins, les parcs offrent un spectacle extraordinaire où l’on peut voir des centaines d’hommes et de femmes pratiquer en pleine nature avant d’aller travailler. La pratique matinale permet de faire le plein de vitalité, le mental est apaisé et disponible pour une réflexion efficace. Les émotions parasitent moins les choix quotidiens. Quoi de mieux pour nos lycéens? Il suffirait d’imposer cela dans l’emploi du temps, au moins de nos Terminales, en incluant cette pratique dans un projet d’ampleur académique : Etre Zen pour le Grand Oral. Proposer aux élèves une pratique hebdomadaire (idéalement quotidienne) associée à des conseils pratiques sur le passage d’une épreuve orale. Et leur faire découvrir les effets “redoutables” du sourire intérieur, ce sourire que l’on esquisse de manière quasi-imperceptible en l’esquissant d’abord sur les yeux et sur les lèvres. Non seulement les élèves se détendent, mais ils rayonnent également comme jamais.

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