Pratiques de méditation sur les méridiens de Médecine Chinoise (MTC)

La méditation sur les méridiens en Acupression

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Pratiques de méditation sur les méridiens de Médecine Chinoise (MTC)

par

Formation Acupression à distance
Promotion 2020

Ayant déjà fait des pratiques de méditation dans divers contextes, j’ai découvert avec joie dans le programme de la formation en Acupression et Qigong Tuina, des méditations sur les méridiens que je ne connaissais pas.

La méditation permet de se reconnecter au présent, de ramener le corps et l’esprit dans le moment présent, d’être présent à soi même. C’est une pratique d’écoute silencieuse, au cours de laquelle il suffit juste d’observer, d’être le spectateur de ce qui se passe, d’accueillir sans porter de jugement.

Cette pratique peut paraitre simple mais elle demande une vigilance active qui consiste à veiller à ce que l’esprit ne s’égare pas, happé par le flux des pensées si bien décrit par la métaphore de Thich Nat Anh, « arrêter sa radio mentale ».

Dès que l’esprit prend conscience qu’il n’est plus présent au moment présent, il suffit de laisser filer les pensées et revenir à la respiration en conscience.

La méditation est un processus actif et nous allons tenter de le démonter ici.

Selon les écoles et traditions, les postures de pratique méditatives sont différentes : assis, debout, allongé, en marchant.  Dans le cursus du Qi gong tuina, c’est la position allongée qui est préconisée. C’est notamment la raison pour laquelle j’ai choisi pendant une courte période d’axer ma pratique sur les méditations, en attendant de retrouver un minimum de tonus.

En effet, j’ai traversé une période difficile après deux décès proches successifs et je ne trouvais pas la force physique de pratiquer le Qi gong en position debout car je ne parvenais pas à me détendre en position debout. Or, contraindre le corps fatigué à faire ce que l’esprit n’a pas envie, n’est pas dans l’esprit du Qi gong Tuina. En outre, j’observais que mon esprit était perturbé, très éparpillé.

Le Qi gong Tuina travaillant sur l’énergie et la méditation sur l’esprit, j’ai donc choisi pendant une période de travailler sur l’esprit.

Une nouvelle expérience chaque jour :

Mon expérience :

Pendant ces pratiques méditatives, des sensations et ressentis divers ont émergé. Il est difficile de mettre des mots sur ces sensations car les mots sont souvent réducteurs mais on pourrait parler de picotements, fourmillements, chatouillements, sensation de chaleur ou de froid le long du méridien, ressenti semblable à celui d’une vague qui parcourt le foyer médian ou le dos, sensation de l’énergie qui circule, flatulences, borborygmes.

J’ai également constaté une sensation sur le côté opposé à celui sur lequel mon attention était fixée ; par exemple, alors que mon attention était fixée sur le mouvement de montée de l’énergie le long du méridien de la rate à gauche, des sensations apparaissaient au même moment sur la jambe droite.

A la fin des méditations que je faisais après mon activité professionnelle,  j’éprouvais une sensation de bien être, de relâchement de tensions.  Je me sentais alignée, « posée », reéquilibrée, ressourcée.

 J’ai par ailleurs constaté qu’une difficulté rencontrée un jour s’était évaporée les jours suivants, ce qui témoigne bel et bien que l’énergie est en perpétuel mouvement, et que des transformations s’opèrent en permanence à l’intérieur du corps.

Ces pratiques ont toujours été agréables tant pour ma part qu’au vu des retours d’autres personnes qui en ont fait l’expérience.

L’expérience d’autres personnes :

En effet, afin de compléter cette expérience personnelle, j’ai proposé à différentes personnes de mon entourage proche cette pratique méditative. Je leur ai expliqué ma démarche, puis avec leur accord, je leur ai transmis le fichier audio ( cf annexe 1 ); elles ont ensuite répondu à un questionnaire. Certaines d’entre elles avaient déjà pratiqué diverses méditations, d’autres pas.

Les retours des intéressés corroborent mon expérience, tant sur le plan des sensations corporelles que sur l’aspect mental ( cf annexe 2).

Il en ressort les termes suivants : « montées de chaleur, sensation d’action en profondeur, douleurs amoindries, esprit moins agité, plus détendu, sérénité, bien être, impression d’avoir évacué des toxines, plus apaisée, amplitude respiratoire agrandie, cotps libéré de tensions, sensation d’avoir vidé son esprit ».

Dès lors et au vu de ces retours et expériences, je me suis interrogée sur la portée et l’apport de la méditation dans le Qi gong Tuina.

La méditation, une aide véritable

Plusieurs pratiques de Qi gong tuina aident au diagnostic, comme la pratique de se pencher et s’enrouler en avant, ou celle de s’emplir de l’énergie du ciel ou encore la palpation des points Mu ou des points yuan. La méditation apporte elle aussi son grain à l’édifice.

La méditation, une aide au diagnostic :

La méditation sur chacun des méridiens est axée sur la respiration, sur l’inspir/expir, elles mêmes reliées aux mouvements de montée et de descente de l’énergie.

La respiration renforce l’énergie complexe ( Zong Qi ), issu de la combinaison du Qi des aliments ( Gu Qi ) et du Qi de l’air qui va, avec l’aide du Qi Originel  ( Yuan Qi ) devenir le Qi véritable ( Zhen Qi ).

Ce Qi complexe nourrit le cœur et le poumon ; il est donc logique, qu’après une méditation axée sur la respiration, on se sente mieux et apaisée, avec un esprit «  plus clair ».

Par ailleurs, la méditation agit sur l’esprit, c’est à dire le Shen, qui regroupe l’ensemble de nos fonctions spirituelles et psychiques. Le terme Shen représente l’esprit en général mais aussi l’esprit du cœur, qui coordonne le psychisme et la cohérence la personne.

Le coeur est le maitre du corps. On le désigne souvent comme l’Empereur des Esprits et des sentiments en l’occurrence, les 7 facteurs émotionnels que sont la colère, la joie, la rumination-excès de pensées, l’accablement – inquiétude, la tristesse, la peur, le choc émotionnel qui affectent l’équilibre de la personne.

Si le Qi du coeur est déficient, la personne peut avoir tendance à se plaindre, elle peut  souffrir de timidité, de manque de discernement.

Si le Qi du coeur est perturbé, il y a euphorie, incohérence et confusion mentale.

Or, l’esprit est hébergé dans le cœur. Le cœur gouverne le sang et l’énergie circule dans le sang et le cœur.  On comprend donc aisément l’importance du Shen.

Cinq formes de Shen existent et chacun est en relation avec un organe yin puisque chaque esprit réside dans un organe :

  • Le Hun réside dans le Foie et abrite l’âme éthérée, c’est la source de l’esprit de décision et d’organisation
  • Le Po réside dans le poumon, il  abrite l’âme corporelle, c’est la source de l’instinct de survie et de la protection de soi
  • Le Yi réside dans la rate, c’est la source de l’apprentissage et de la cohérence
  • Le Zhi réside dans les reins, c’est la source de la volonté et de l’affirmation de soi

Par ailleurs, le cerveau qui est une entraille curieuse est en lien avec les cinq organes par l’intermédiaire des esprits, et plus particulièrement celui du coeur et du foie pour ses fonctions et celui du rein pour son développement.

Un Qi correct du Shen permet donc un esprit clair, avec un discours intelligible et un cœur serein. L’esprit est plus réceptif, plus objectif, les sensations sont plus justes

Dès lors, les informations, les intuitions que nous sentons pour nous mêmes ou pour un patient, sont plus justes et les raisonnements plus objectifs, ce qui est très utile pour établir un bilan énergétique.

La méditation, un premier pas pour le traitement de soi-même et des autres ?

Lors d’une pratique méditative sur le méridien du rein, j’avais un point douloureux avec de la chaleur sur l’interne de la cuisse gauche, sur le tracé du méridien du rein. J’ai ressenti lors des exercices de montée et descente, une sensation de décharge électrique, puis comme un ressenti de déblocage.  Dès lors, le point douloureux avait disparu.

Lors d’une autre méditation sur le RenMai/DuMai et le « travail de liaison » entre le yin et le yang, j’ai aussi vécu un moment particulièrement intense. Quand j’ai débuté la pratique, j’avais une légère migraine occiputale. Pendant cette pratique, le fait de ne pas imposer au corps trop d’effort, de ne pas forcer, de simplement laisser faire, m’a procuré une intense sensation d’union, de bien être, d’unité, une sensation de plénitude mais dans l’acception occidentale de ce terme.

En outre, à la fin de cette pratique, ma migraine avait disparu et j’avais la sensation que yin et yang s’étaient réunifiés dans l’unité dans cet instant.

Les personnes qui ont suivi ces méditations évoquent elles aussi, la diminution de douleurs à l’issue de la méditation : « tensions physiques amoindries, douleurs cervicales diminuées ».

Peut-on pour autant en conclure que la méditation aide à la disparition de certains symptômes ?

La médecine traditionnelle chinoise considère que nous faisons partie d’un tout, et qu’à l’intérieur de ce tout, chaque élément est interrelié et en connexion avec les autres. 

Selon la théorie des trois Trésors, l’être humain, comme l’ensemble du cosmos est composé d’un corps ( l’Essence ), d’une énergie et d’un esprit. L’Essence est la structure de l’être, l’énergie est sa fonction et l’esprit dirige l’ensemble.

L’Esprit, le Qi et l’Essence représentent donc les trois Trésors fondamentaux sur lequel il est possible d’agir.

Calmer l’esprit est nécessaire dans notre société occidentale, et les méditations calment le cœur. Quand l’esprit est fixé, l’énergie circule mieux.

L’immobilité du corps permet plus de mouvements à l’intérieur du corps et de facto et une meilleure circulation de l’énergie. La méditation est donc une pratique active de l’immobilité comme le Qi gong.

Si le Qi gong est nécessaire au praticien pour avoir une énergie correcte ( Zhen Qi ), la méditation est un outil tout aussi nécessaire pour être plus réceptif à ses propres sensations, pour mieux développer ses capacités à ressentir le froid, la chaleur, le vide, la plénitude…. Elle permet donc d’être mieux préparée à l’écoute du patient.

Photo by Maria Teneva on Unsplash

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