Les troubles thyroïdiens en MTC

En Médecine Traditionnelle Chinoise (MTC, Acupression)

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Les troubles thyroïdiens en MTC

par

Acupression
Promotion 2020

Définition

La thyroïde est une petite glande endocrine qui a la forme d’un papillon et qui pèse de 10 à 25  grammes. Elle est constituée de deux lobes eux-mêmes séparés  par un isthme central.

La thyroïde est située à la base du cou, à l’avant de la trachée sous les muscles et sous la peau du cou.

Elle est contrôlée par une glande endocrine l’hypophyse. Cette glande très petite  située à la base du cerveau produit une hormone appelée TSH (Thyroïde Stimulating Hormone), elle donne l’ordre à la thyroïde de produire à son tour deux hormones majeurs la T4 (thyroxine hormone inactive) qui se transforme ensuite en T3 (hormone active).

L’hypophyse est elle-même contrôlée par l’hypothalamus, une zone située au centre du cerveau.

Ainsi l’hypothalamus contrôle l’hypophyse, qui contrôle la thyroïde.

Chez une majorité de personnes, la  thyroïde joue correctement son rôle, mais pour certains, l’équilibre délicat de la transformation des hormones T4 en T3 peut être perturbé et donc provoquer dans le corps un très grand déséquilibre.

On parle alors d’hyperthyroïdie (thyroïde trop active) ou d’hypothyroïdie (thyroïde sous active).

Principes de la médecine Chinoise

Nous allons nous intéresser au regard porté par la Médecine  Chinoise dans le cas d’une hypothyroïdie et plus particulièrement dans le cas d’une thyroïdite d’Hashimoto (maladie d’Hashimoto).

C’est un médecin japonais HAKARU HASHIMOTO qui en 1912 découvre cette maladie. En 1957 elle devient la première maladie auto-immune d’organe à être reconnue et à être considérée à cette époque comme maladie rare. De nos jours, elle est la plus fréquente et touche une majorité de femmes et très peu d’hommes.

Elle résulte d’une inflammation progressive de la thyroïde d’où une hypo fonction de la glande.

En Médecine Chinoise, la thyroïde se dit Jiàzhuang, les tumeurs malignes ou bénignes portent le terme générique de Ying.

La Médecine Chinoise ne parle le plus souvent que de goitre ; en effet pendant longtemps les maladies de la thyroïde étaient principalement décrites par des goitres, ou des formes de grosseurs que l’on associait « à l’eau sale, noire, qui s’écoulait des montagnes et que l’on buvait ».

Ainsi le Zhu Bing Yuan Hou Lun, « traité des causes et symptômes des maladies », écrit par Chao Yuan Fang en 610 dit :

« Ying est consécutif à l’anxiété et à la tristesse nouant le QI (énergie). Cette maladie est aussi due à la consommation d’eau sale (ShaShui), les impuretés suivent le QI et pénètrent les vaisseaux, gagnent la partie inférieur du cou et s’y développent »

Il est intéressant de noter que la thyroïde est un lieu de passage dans le corps, elle est ainsi impliquée dans cet équilibre de YIN/YANG.

La théorie du YIN/YANG est fondamentale dans la Médecine Chinoise. Elle est la base même de ses applications, elle participe à cet équilibre dynamique : le YIN engendre le YANG, le YANG engendre le YIN. C’est une spirale en perpétuel mouvement.

Un grand nombre de méridiens (canaux du corps humain interconnectés par lesquels circule l’énergie vitale du corps) se croisent dans la zone de la thyroïde, à proximité ou en arrière de celle-ci.

Les organes : poumon, cœur, rate, estomac, foie et rein sont étroitement liés aux affections de la thyroïde. Ces organes interagissent les uns avec les autres, chacun d’eux ont une fonction physique mais aussi émotionnelle. C’est ainsi que  La Médecine Chinoise associera un trouble thyroïdien sans goitre à différents syndromes, qui sont en lien avec les organes tel que la fatigue, la peur, la constipation, la prise de poids etc.

Les organes sont le miroir de nos émotions.

La maladie d’Hashimoto de par sa pathologie, perturbe au fil des années l’équilibre de tous ces organes. Elle est de progression lente et insidieuse.

L’approche de la Maladie

La Médecine Chinoise va s’intéresser dans son approche de la maladie à la fois à la racine Ben (la cause) mais aussi aux branches  Biao (la ou les manifestations), au renforcement de l’énergie correcte Zheng Qi (le système immunitaire) et à éliminer le pervers Xie Qi (l’agent pathogène).

Traiter la racine pour éviter que les branches se développent est important  car ce que l’on recherche  c’est maintenir une harmonie à l’intérieur du corps mais aussi entre l’intérieur et l’extérieur du corps. En effet l’équilibre peut être perturbé par des causes externes comme le vent, le froid, l’humidité ou la chaleur et par des causes internes comme la colère, le chagrin, la joie ou la peur.

Mais si la maladie est installée et ancienne, on va dans un  premier temps traiter les branches pour apaiser rapidement le patient avant de s’intéresser à la racine.

Les symptômes qui s’installent et qui perturbent l’équilibre du patient sont le plus souvent :

  • Fatigue,  Déprime, Saute d’humeur, trou de mémoire et difficultés à se concentrer
  • Peaux sèches, cheveux et ongles cassants
  • Prise de poids inexpliquée
  • Règles douloureuses et abondantes
  • Baisse de la libido
  • Constipation, diarrhée
  • Sensation de froid – Transpiration spontanée – rétention d’eau – œdèmes du visage le matin –  Rétention d’eau – douleurs articulaires
  • Rythme cardiaque ralenti
  • Essoufflement, oppression thoracique, toux

 

 En médecine chinoise, la thyroïde est liée à l’organe du Rein Shen, c’est l’organe-entraille qui « la gouverne ». Les Reins ont un rôle très important sur le bon fonctionnement de l’organisme. En effet dans ses fonctions principales, le Rein est la réserve du corps qu’il faut protéger et il compense les déficiences des autres organes :

  • Il régit le stockage de l’essence Jing du ciel antérieur et du ciel postérieur
  • Il régit la saisie de l’Energie, spécialement l’Energie du Poumon
  • Avec le Foie, ils sont dépositaires du « Feu Ministre » qui réchauffe et protège le corps
  • Il régit le Yin et le Yang de tout le corps
  • Il abrite entre ses deux reins Ming Men « la porte de la vie »

Ainsi que nous l’écrivions en amont, il est impossible dans la Médecine Chinoise d’ignorer le concept du  YIN/YANG.  Sa compréhension dans les symptômes aide à l’élaboration d’un diagnostic.  Les méthodes de traitement peuvent relever du YIN ou du YANG.

On retrouve la dualité YIN/YANG à l’infini, aussi parmi les organes et entrailles, les uns sont YIN, les autres sont YANG.

Nous parlions aussi dans l’approche de la maladie d’Energie correcte Zheng Qi et d’Energie perverse Xie Qi, il est à noter que l’apparition des maladies et leurs évolutions dépendent bien du rapport entre ces deux énergies. Si Zheng Qi  s’affaiblit, on parle de Vide Xu, vide de YIN ou vide de YANG. L’agent pathogène  peut lui être considéré soit YIN (froid, humidité..) soit YANG (chaleur, vent…) donc Xie QI est soit YIN soit YANG.

La médecine Chinoise définit la thyroïdite d’Hashimoto (hypothyroïdie)  à un vide de Rein et plus particulièrement à un vide de Yang du Rein (prise de poids, rétention d’eau etc…) et à l’inverse, l’hyperthyroïdie  à un vide de Yin du Rein (perte de poids, transpiration excessive, soif permanente etc…)

Ainsi que nous le rappelions, les organes interagissent les uns avec les autres, et un vide de Rein est donc un terrain propice à d’autres déséquilibres d’organes :

  • Le foie : pour sa fonction émotionnelle, entretien la circulation de l’Energie et du sang
  • La rate : trouble de l’appétit, prise de volume, troubles des selles
  • Le poumon : toux, essoufflement, gardien de la peau
  • Le cœur : pensée, paroles, sommeil

On se trouve ainsi pour  la maladie d’Hashimoto devant un tableau pathologique tel que :

  • Vide de Yang du Rein
  • Stagnation du Qi du Foie
  • Vide de yang de la Rate
  • Vide de Qi du Poumon

Rééquilibrage et points

Dans le cas d’un vide de yang du Rein (hypothyroïdie Hashimoto), il faut :

  • Tonifier le Yang du Rein

23V – 52V – 4DM Ming Men – 4RM – 3RN

  • Drainer le Foie et tonifier le QI

34 VB – 3F – 14 F – 6MC

  • Réchauffer le Yang de la Rate

20V – 21V – 12 RM – 36 E – 6RTE – 9RTE

  • Tonifier le Qi du Poumon, réchauffer le Yang

13V – 9P – 7P – 12RM – 6RM – 36E

Conclusion

Dans le prolongement du soin, il est aussi intéressant d’amener le patient à cultiver son propre art de vivre afin de trouver sa propre harmonie énergétique et d’éloigner les désordres de l’organisme.

  • La diététique

Il est important de  prendre en compte la façon de se nourrir et la qualité des aliments.

Sûn Sîmâo médecin de la dynastie Tâng surnommé le « roi des médicaments » déclarait :

« La nourriture est nécessaire à l’entretien de la vie et de la santé. Une mauvaise alimentation nuit à la santé et restreint ainsi le potentiel de vie. Une alimentation juste entretient la santé et préserve des maladies ; elle permet de prolonger la vie »

Avec une alimentation adaptée à chaque saison, suffisante, variée et vivante, l’organisme fonctionne de manière optimale !

  • Le QiGong

Un travail de l’Energie qui nous mène à la détente du corps, au relâchement de la respiration et au calme intérieur

« Le maitre accompagne pour passer la porte : la pratique dépend de soi-même »*

*P196 – Philosophie et diagnostic Amaël Ferrando

Nota : Etant moi-même diagnostiquée Maladie d’Hashimoto, je voulais comprendre ce que la médecine occidentale n’expliquait jamais…à savoir certains troubles comme la fatigue, la prise de poids inexpliquée, la difficulté à mémoriser…